Affichage des articles dont le libellé est Bribes de Mémoire. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bribes de Mémoire. Afficher tous les articles

12/09/2022

Bribes de Mémoire : Myopathie, une sacrée maladie

 Je vous partage aujourd'hui un texte que j'avais rédigé lors de mon adolescence.


Trop longtemps humiliée

Trop longtemps harcelée

Une sorte de maladie

Que l’on appelle Myopathie

Je veux juste que l’on m’accepte ainsi

Est-ce trop demandé à la vie ?

On s’est trop souvent moqué de moi

Mais maintenant je suis forte grâce à ça

Une maladie qui m’a pris ma force

Et cela depuis ma naissance

Elle m’a volé une partie de mes muscles

Pourtant je continue à marcher est-ce un miracle ?


Se battre, combattre,

Toujours garder espoir

Se battre, combattre,

Toujours garder espoir…


Une maladie qui ne se voit pas forcément

C’est pour ça qu’on croit que je fais semblant

Il faudrait être à ma place pour comprendre

Avec cette maladie on ne sait pas à quoi s’attendre

Une maladie tellement rare

Faut-il garder espoir ?

Une maladie incurable

Qui me rend incapable

De courir dans les champs

Et de sourire normalement


Se battre, combattre,

Toujours garder espoir

Se battre, combattre,

Toujours garder espoir…


Mais je ne suis pas pour autant malheureuse

Mes proches me rendent tellement heureuse

Ils sont à mes côtés

Ils m’aident à avancer

Je les aime plus que tout

Ils sont ma vie après tout

Mais s’il vous plait aidez nous à enterrer cette maladie

Qui continue à gâcher tant de vies…


Se battre, combattre,

Toujours garder espoir

Se battre, combattre,

Toujours garder espoir…


Tous droits réservés : ©Amélie R. (Hanamelia).

12/06/2022

Bribes de Mémoire : Acte Manqué


Sache que j’aurai tout donné ce jour là. Tout donné pour que tu m’embrasses.

Je n’oublierai jamais. Ce jour où tes pas se sont avancés vers moi de façon si déterminée, où tu m’a plaqué contre ce mûr devant tout le monde. Ce moment où l’espace d’un instant tout s’est arrêté autour de nous. Où tout semblait au ralentit. J’ai senti mon cœur rater un battement. Ton visage était si proche du mien que j’ai cru que le moment était venu. Je sentais ton souffle si proche. Tu as fait un premier pas significatif vers moi. Je n’avais qu’à m’avancer d’un millimètre pour que tout bascule. Je l’ai ressenti comme un test, un défi. Mais je suis restée de marbre, comme paralysée. Je crois que cet évènement n’aura duré que 3 secondes. Pourtant il marquera à jamais mon existence. Je me souviens de mon étonnement et de mon hésitation. Est-ce que je dois suivre mes envies ou ma raison ? J’ai choisi à contre cœur la voie de la raison. Envahie par le doute et la peur. Que se passera t’il si je réponds ? Est-ce mon imagination qui me joue encore des tours ? Est-ce que j’imagine tout ce qu’il se dégage de cet instant ? Cette puissance, ces pulsations ? Je me souviens m’être refusée d’à nouveau perdre une amitié si chère à mon être. J’ai perdu mon meilleur ami une fois, par de mauvaises interprétations, pas deux. Il en était hors de question. Ceci même si mon intuition me criait que cette fois-ci, peut-être que j’étais dans le vrai. Est venu ensuite ce détachement subtil. Je sentais tous les regards braqués sur nous. Tu m’as alors dis, ton visage toujours aussi proche « tu as de beaux yeux tu sais ». Nos regards étaient en effet tellement accrochés. Peut-être essayais tu de déchiffrer ce que je ressentais. Je ne le saurais sûrement jamais. Et je pense que c’est très bien ainsi. L’après a été si déstabilisant car tout s’est arrêté soudainement. J’ai juste répondu merci la voix tremblante. Je pensais avoir rêvé, imaginé ce moment. Pourtant, je te revois faire demi-tour et les gens venir vers moi. Je me souviens encore de ces mots de mon amie « je rêve où vous avez failli vous embrasser ? ». Et un camarade dire « ooouhhh c’était chaud là, il s'est passé quoi ? ». Et les « vous vous êtes dis quoi ? ». Je me suis sentie tellement couillonnée littéralement. Je me souviens de cette sensation de visage en feu. Je me souviens aussi de mes regrets. Car c’était un réel acte manqué selon moi. J’ai passé tant d’années à me poser la question « Et si... ?». Je me suis confiée à la psychologue qui me suivais à l’époque, elle s’est battue corps et âme pour me convaincre que j’avais fait le bon choix. Que je devais à tout prix enterrer ce moment et « passer à autre chose ». J’ai fini aussi par me confier à ma mère. Elle n’a pas vraiment compris et a pris peur. Je me suis alors sentie seule, tellement seule. Mais surtout illégitime, incomprise et déboussolée. En réalité qui je suis ? Qui je mérite ? Est-ce que je suis condamnée, vouée à me retrouver emprisonnée par mes choix et par ce souvenir si puissant ? J’ai alors suivi les conseils reçus et j’ai tout enterré au plus profond de moi. J’ai combattu, pour les autres, mais aussi pour moi. Car au fond, qui sait ? Peut-être mon imagination et mon cœur d’artichaut me jouaient encore des tours, à moi et à mon être qui désirait seulement être aimé et accepté. Est-ce mal ? Est-ce un crime de juste vouloir se sentir aimé ? Je ne pense pas. Je me suis alors contentée de cette belle amitié.


Des années après, j’ai suivi une thérapie par Hypnose. J’ai participé à des groupes de paroles avec le même thérapeute. A ce moment là tout est ressorti puissance 10. Je me suis pris une claque si violente. Le fait d’avoir enterrer si profondément mes sentiments, d’avoir repoussé de tout mon être cet évènement, d’avoir tant lutté contre ces souvenirs avait en fait été la pire idée du monde. J’ai donc travaillé là dessus avec l’aide de ce thérapeute et de sa collègue en groupe. Ça a été si bouleversant et libérateur. Des personnes m’écoutaient sans jugement ni interruption. Les autres se sont confiés aussi sur leurs problématiques et vision des choses. Je me suis sentie si soulagée, soutenue et plus du tout seule. Puis je me suis confiée à mon chéri, puis à des amies, puis à ma cousine. Aujourd’hui je suis en paix. En paix avec moi même, avec qui je suis. Je remercie de tout mon cœur toutes ces personnes qui m’ont écouté et soutenu. Merci à mon Amour d’accepter cette partie de ma vie, pour son soutient sans faille, sa bienveillance. Merci à mon thérapeute de m’avoir tant rassuré, de m’avoir informé que j’étais simplement un être humain avec un cœur et des blessures. Aujourd’hui je suis heureuse d’être juste moi, entière et aimante. J’aime juste l’amour et la vie. Désormais je vois les choses comme de doux souvenirs inaltérables. Je suis heureuse de juste avoir aimé, d’avoir ouvert mon âme. Je suis satisfaite de cet acte manqué car je n’ai pas gâché cette amitié. J’ai la chance de garder en mémoire seulement les beaux souvenirs. Je me souviens de ce que je ressentais à tes côtés. Est-ce que c'était des sentiments amoureux naissants ? Juste de l’attirance ou juste une amitié fusionnelle ? Car à l’adolescence j’avais tendance à tout mélanger. Je ne sais pas et tant mieux non ? Car je ne garde que le meilleur de ces ressentis. Je te remercie toi, toi qui m’a permis de découvrir qui je suis. Maintenant que j’ai laissé à cette histoire la place d’exister dans mes souvenirs, je peux aller de l’avant et ne plus vivre dans le passé. Je peux avancer en paix. Je ne me sens plus obsédée par ces « Et si ?… Qu’aurait été ma vie ? » Si un jour tu me lis, je te dis merci et te souhaite de tout cœur de trouver le bonheur, la paix et de pouvoir toi aussi, guérir de tes blessures.

Aujourd'hui j'ai 30 ans. Cet évènement a eu lieu entre mes 17 et 18 ans.


Ce que je retiens de cette expérience dans ma vie c’est que plus on cherche à enterrer, à oublier plus les choses prennent de l’ampleur. Plus on lutte contre quelque chose, plus ça risque de nous exploser à la figure des années après de façon terrifiante et amplifiée. Ne sous estimez jamais ça. Car ça peut ressortir plus tard sous forme de maladie physique ou mentale. Parce-que ça fini par vous ronger de l’intérieur, ça vous fait vivre dans le passé et vous empêche de vivre le moment présent. Ça vous parasite la vie littéralement. Le pire c’est que vous ne le sentez même pas, ça ne fait que pourrir en vous de façon discrète et vicieuse. Je vous invite sincèrement à vous engager dans une ou plusieurs thérapies. Travailler sur ses blessures et traumatismes permet de se libérer considérablement de nos chaînes et boulets que l’on se traîne depuis notre enfance.


Prenez soin de vous, et sachez que rien n’est perdu, rien n’est irrémédiable. Nous avons tous en nous des capacités de résilience. 

Les Musiques qui me font penser à ces souvenirs (via Spotify) :

Musique 1  ;  Musique 2  ;  Musique 3  ;  Et la plus représentative : Musique 4

Je ne vous les partage pas toutes, car certaines sont trop personnelles et je préfère les garder pour moi. Elles m'ont aidé à rédiger cet article. 


Bribes de Mémoire


Cette nuit, j’ai dû dormir 4 heures environ. Pourquoi ? Parce-que mon esprit à décidé qu’il était temps. Oui il est temps de mettre en pratique l’écriture thérapeutique à travers ce Blog.


Les gens autour de moi, depuis que j’ai 14 ans, depuis que j’écris, m’ont toujours dit « Pourquoi tu n’écrirais pas un livre ? Un ouvrage autobiographique où tu transfèrerais tous tes déboires, où tu pourrais poser par écrit tous tes traumatismes, tes sentiments, tes émotions et expériences ? » ; « Ceci pour te libérer, pour en faire ta thérapie » ;« Tu as vécu tellement de choses durant ta courte vie, des chose que des gens ne vivraient même pas en une vie entière ». « Tu arrives à mettre des mots sur des choses que peu de personnes arrivent à décrire, à extérioriser, tu pourrais aider d’autres âmes à se sentir moins seules ».


L’idée d’un livre ne m’a jamais tenté, ne m’a jamais attiré. Je me sens totalement illégitime. Qui voudrait lire ou même acheter un ouvrage contenant les états d’âme d’une personne lambda ? Je n’ai rien d’exceptionnel, je suis juste moi. J’ai des casseroles comme tout le monde. Qu’est-ce que cela m’apporterait ? Je n’ai pas envie de faire rentrer mon égo là dedans.

Par contre, j’avoue que l’idée de l’écriture thérapeutique me plaît bien. Rendre mes écrits publics amèneraient aussi une autre dimension au processus de guérison.

Écrire pour moi, c’est survivre. J’estime que l’écriture m’a sauvé la vie entre mes 14 et 18 ans. J’ai traversé des passages tellement sombres…


J’y réfléchis depuis la création de ce Blog, j’ai même déjà commencé en fait si vous vous souvenez bien. Je vous annonce donc ce jour, à l’aube de mes 30 ans, que je compte poursuivre. Je vais continuer à vous partager des « Bribes de Mémoire». Oui, j’ai décidé que je donnerai ce nom là à cette catégorie d’articles. Cependant, contrairement aux autres rubriques, je n’en ferai pas de Sommaire. Je ne souhaite pas que mes écrits soient accessibles en un seul clique, vous comprenez ? Je souhaite que ça se perde un peu dans le flux. Je mettrai seulement 2 TAGS. « Les écrits d’Ayane » et « Bribes de Mémoire». Ce seront donc des articles qui seront « trouvables » uniquement par cette voie là. Je pense aussi désactiver les commentaires sous ces articles. Si vous avez besoin d’échanger avec moi sur ces sujets, je vous invite à me contacter sur Instagram en message privé. Je ne publie pas mes écrits pour « faire parler », mais pour sensibiliser, dans un but thérapeutique et de réflexion. Car j’estime qu’on a tous à apprendre des expériences et vécus des uns et des autres.


Je vous souhaite une bonne journée.

Prenez soin de vous. 


24/09/2021

VOG : Mon témoignage

 Avant de commencer, avertissements :


Attention, cet article est mon témoignage personnel. Le but est en aucun cas de choquer les personnes qui vont le lire. L’objectif n’est pas de « marquer » les esprits. Seulement de dénoncer des faits réels. Ce qui se trouve ci-dessous un est événement qui a été traumatique pour moi. Nous avons tous notre vécu et un niveau de sensibilité différent. De ce fait, merci de ne pas émettre de jugements. Mon objectif est de libérer la parole et de dénoncer à mon niveau (en fonction de mes propres capacités mentales) une vérité qui dérange. Des agissements qui ne sont malheureusement pas rares. Je souhaite dénoncer sur la toile à mon échelle les VOG ( Violences Obstétricales et Gynécologiques). Je parle ci-dessous de violences physiques (sexuelles) subies en rentrant dans les détails. Si vous ne vous sentez pas « apte » à lire ces lignes j’ai mis ces passages sous « Trigger Warning », vous pourrez donc sauter ce passage. J’aurai pu faire le choix de ne pas rentrer dans les détails. Mais j’ai décidé de le faire pour montrer concrètement une réalité. Tout simplement parce que c’est ce que j’ai vécu et pas autre chose. Je vous conseille également d’éviter ce passage si vous avez vous-même vécu des violences sexuelles / VOG. Je ne souhaite pas réveiller vos propres traumatismes. Il en est de même concernant les personnes sensibles à ces sujets là.


Présentation :


Je vous écris ce témoignage ce jour car j’ai toujours autant de mal à respirer, du mal à vivre avec.

J’écris ce témoignage pour moi, mais aussi au nom de toutes ces personnes qui ont vécu ça et qui n’arrivent pas à s’exprimer.

Rien que le fait de rédiger ces premières lignes, je tremble déjà de tout mon être et je me sens nauséeuse. J’ai très chaud, puis je me sens glacée, frigorifiée. Mes mains tremblent comme si je souffrais de la maladie de parkinson, mes mâchoires se serrent et les larmes ne sont pas loin, la crise d’angoisse non plus. Tout ça prouve que je ne me suis toujours pas débarrassée de ce traumatisme. J’ai appris récemment qu’il ne partirait jamais vraiment, qu’il faut simplement apprendre à vivre avec… Ça fait plus d’un an que je souhaite rédiger cet article mais je n’y arrivais pas. Les récents événements vécus par de trop nombreuses femmes m’ont cependant donné le courage de le faire.

Le 17 janvier 2020. Une date qui reste gravée dans ma mémoire. Une date et des événements qui se rappellent à moi de manière très violente parfois. Il suffit de tomber sur un texte, un élément qui m’y fera penser, un témoignage, un discours pour que ça vienne me prendre à la gorge et m’empêcher de respirer. Ce que j’ai vécu ça s’appelle un VOG (Violences Obstétricales et Gynécologiques).



Témoignage :


Le RDV avec les violences :

J’ai consulté ce médecin pour une suspicion d’endométriose et de vestibulodynie. Je me suis fiée aux conseils du secrétariat de l’hôpital le plus proche de chez moi et à l’annuaire des clés de Vénus. J’avais parlé préalablement du sujet à mon médecin traitant qui avait accepté de me prescrire un IRM pelvien. La conclusion du radiologue était claire, tout était écrit noir sur blanc « endométriose profonde » avec atteinte importante au niveau de mon « ligament utéro-sacré gauche ». C’est donc toute confiante et sereine que je me suis rendue à mon 1er RDV de consultation pour avoir un avis médical. Car d’après le secrétariat ce médecin était le seul spécialiste du département qui connaissait bien le sujet et qui opérait les personnes atteintes d’endométriose avec de très bons résultats. Habituée aux rendez-vous médicaux depuis toute petite et ayant vu dans ma vie déjà plus de 4 gynécologues différents, j’étais super à l’aise. Je partais même super souriante en me disant « il me tarde, je vais ENFIN pouvoir parler à un spécialiste, je vais pouvoir avoir des réponses à mes questions et savoir quelles solutions s’offrent à moi ».

En sachant que c’était la 1ère fois que je rencontrais ce médecin, en m’asseyant la 1ère chose qu’il m’a demandé c’est pour quelle raison je venais le consulter lui et non pas un confrère. Je lui répond donc que je viens le voir suite aux conseils du secrétariat du service gynécologique et que « je viens pour mon endométriose ». Quel malheur j’ai eu de m’exprimer ainsi. Il m’a de suite répondu sèchement, « vous avez un diagnostic ? » J’ai dit « oui, regardez j’ai rapporté mon IRM ». Là aussi, il faut croire que j’avais fait une grossière erreur. Il m’a répondu avec une certaines virulence « NON. Je vous arrête tout de suite mademoiselle, vous n’AVEZ PAS d’endométriose » (je note en majuscules car il avait fortement insisté sur ces mots là). « Un IRM ne suffit pas à émettre un diagnostic, la seule façon de diagnostiquer une endométriose c’est par une cœlioscopie exploratrice ». Je lui réponds donc toute penaude « mais je ne comprends pas c’est marqué dans la conclusion de mon IRM ». Il m’a alors répondu « bon, donnez moi ça ! ». Je lui ai alors transmis mes résultats. Il a pu avoir accès à la conclusion et aux images par informatique. Il a alors admis que oui en effet, on pouvait peut-être considérer que j’en souffrais. Malheureusement pour moi, le fait qu’il doive admette cet élément l’avait encore plus mis en colère. Il m’a alors demandé de lui décrire mes symptômes. J’en étais rendue à mon 2ème symptôme quand il m’a stoppé net dans mon élan avec agacement « STOP, arrêtez de parler, c’est MOI qui pose les questions. Vous allez me répondre par oui ou par non uniquement ». Il m’a donc posé 3 questions, j’ai suivi ses consignes. J’étais de plus en plus mal à l’aise face à son agacement. Je n’avais pas l’habitude de croiser des médecins aussi « mal lunés ». Je me disais qu’il avait peut être eu une sale journée comme ça peut arriver à la majorité des gens, qu’après tout c’était un être humain comme tout le monde. J’ai donc malgré tout osé poser la question « et pour ma suspicion de vestibulodynie ? ». En remuant sa main avec mépris genre « poussez vous, vous me soûlez » il m’a indiqué le fauteuil d’auscultation. « On va vérifier tout ça, je vais vous ausculter, allez vous déshabiller ».

ATTENTION TW, on passe aux violences physiques. Ne lisez pas cette partie si c’est un sujet trop sensible pour vous. Car je rentre vraiment dans les détails. Merci.

Début du TW :

Je m’attends à une auscultation lambda comme j’ai toujours eu droit, la routine quoi ! J’avais déjà fait des prélèvements suite à mes symptômes avec d’autres gynéco, des frottis etc. J’avais l’habitude qu’on parle à la cool de la pluie et du beau temps pour que l’examen se passe au mieux et pour détourner le cerveau. J’avais l’habitude aussi bien entendu qu’on me prévienne et qu’on m’explique ce qu’on allait faire. Les exam’ gygy c’est en quelque sorte un travail d’équipe. Ce n’est pas super agréable, c’est malaisant mais bon on fait un peu d’humour et ça passe crème. On se dit que des foufounes ils en voient toute la journée donc personnellement je n’étais pas pudique plus que ça avec ce genre de docteur. Tellement l’habitude en vrai. Du coup, là je n’ai vraiment pas compris ce qui me tombait dessus. Je m’attendais au fameux « test du coton-tige » (vu que je venais de prévenir ce cher médecin des douleurs atroces que je subissais à l’entrée du vagin et en pénétration lorsque j’étais en crise). Attention je rentre dans les détails, il me demande d’écarter les jambes beaucoup plus et d’avancer mes fesses vers l’avant. Je m’exécute. Je l’entends mettre un espèce de gel je ne sais où car je ne vois rien. Il souffle en me repoussant l’une de mes jambes sans ménagement pour encore plus écarter et sans me prévenir me pénètre très violemment et profondément avec son doigt. J’ai si mal et c’est si violent que j’en ai sursauté du siège. J’en ai eu le souffle coupé et les larmes aux yeux. Je n’arrivais pas à réagir tellement j’étais scotchée. Il bouge son doigt en mois en appuyant sur un endroit précis au fond. Bien entendu le plus douloureux comme un bouton magique où déferlerait une douleur profonde et foudroyante. Il me regarde enfin et me demande « vous avez mal là ? ». Je lui réponds la voix en sanglots que oui j’ai très mal. Il me réponds « Ha ! Bah c’est normal je suis pile poil au niveau de votre ligament utéro-sacré gauche, là où vous avez vos lésions d’endométriose ». Je commence à avoir du mal à respirer et à retenir difficilement mes larmes. Après sans me demander si je vais bien ou s’il peut continuer l’examen, il bouge son doigt de l’autre côté, me demande si là aussi j’ai mal, je lui dis que un peu moins mais que j’ai quand même très mal. Quand je vois qu’il bouge ailleurs et me demande si là aussi j’ai mal, j’arrive à peine à lui dire « non, mais là j’ai vraiment mal partout, vous me faites mal ». Il n’entends pas ma phrase et continue comme ça sur chaque côté et paroi de mon vagin. Sur toute la surface en me disant « et là »? Tout ce que j’arrive à faire, c’est serrer les dents et lui répondre oui d’un air de supplique. Je me répète que c’est bientôt terminé, qu’il est médecin, qu’il sait ce qu’il fait, que c’est sûrement nécessaire pour me diagnostiquer. Et là aussi, sans me prévenir, retire son doigt d’un coup sec. Ceci en sachant que j’ai un vagin hypertonic et que c’est donc très douloureux. Il se lève retire ses gants, jamais il ne m’a regardé pour s’assurer que j’allais bien. Il va s’asseoir à son bureau.

Fin du TW.

Il me demande d’aller me rhabiller, qu’il pense que j’ai bien une endométriose et une forme de vulvodynie. Qu’il faut qu’on programme une opération chirurgicale pour réaliser une cœlioscopie exploratrice pour confirmer le diagnostic.

Inutile de vous dire que je n’arrivais pas à lui répondre. Je me suis relevée avec grande difficulté du fauteuil. J’arrivais difficilement à marcher. J’avais les jambes très flageolantes. Le regard dans le vide. Je ne sais pas pour quelle raison, je me suis dirigée les fesses à l’air vers son bureau dans l’intention de m’asseoir sur la chaise en face de lui . Il relève les yeux, me regarde et me dit en pouffant « heeuuuu mademoiselle je pense que vous vous sentirez plus à l’aise si vous alliez vous rhabiller d’abord ». Avec surprise et honte je suis retournée tout doucement vers la cabine. J’ai mis un temps fou à me rhabiller. Et je me suis alors rendue compte que j’étais encore trempée de gel. Il ne m’avait même pas donné de quoi m’essuyer. Je me suis rhabillée comme ça. Désorientée et assommée de fatigue. Enfin rhabillée je me dirige vers son bureau et m’assoie. Je grimace alors et j’ai envie de pleurer. M’asseoir est si douloureux. Ça me brûle et me pique atrocement comme une plaie à vif. Merci dame Vestibulodynie. Je me souviens avoir eu la nausée tout d’un coup. Là aussi sans relever le nez, il me dit « bon, alors on va programmer votre opération. Rassurez-vous on a l’habitude, l’opération dure en moyenne 30 à 45 min. On va vérifier tout ça, voir l’étendue de vos lésions, vérifier l’état de vos trompes. Vous ne souhaitez pas d’enfants tout de suite ? » J’ai réussi à secouer la tête par la négative. « On va voir aussi ce qu’on fera de votre ligament utéro-sacré on le retirera si il est trop atteint ». Je l’ai regardé avec étonnement. Il m’a alors répondu que le retirer ce n’était pas grave, que ça n’avait pas une grande utilité, qu’on pouvait largement vivre sans. Car là oui vu qu’on parlait de choses qui l’intéressait, j’avais toute son attention et il me regardait dans les yeux, enfin ! « Rassurez-vous hein, ce genre d’opération il n’y a pas vraiment de risques ». « Vous êtes donc d’accord on fait comme ça ? On programme l’opération pour mars 2020 ? ». Avec un peu de chance cette opération résoudra vos problèmes de douleurs lors des rapports. Et je vous donnerai le contact d’une sage-femme qui s’occupe de la rééducation périnéale. Elle fait aussi de la sophrologie. Vous verrez, elle fait du très bon travail sur les dyspareunies ». « Ça va aller, vous allez voir on va trouver des solutions ». Je ne comprenais absolument pas son changement de comportement. Tout d’un coup, il était devenu tout souriant, bienveillant et rassurant. Tellement, que j’avais l’impression de ne plus avoir la même personne en face et d’avoir tout inventé ce que je venais de vivre. Il se lève alors, me présente la porte. Je me lève difficilement. Il sourit et me dit « à très bientôt, je vous prie d’aller voir le secrétariat pour les formalités de l’opération ». Et voilà.

[J’ai appris par la suite que cet acte médical s’appelle un « toucher vaginal », j’ai alors constaté après coup qu’on m’en avait déjà fait un et que en aucun cas ça ne s’était passé comme ça, avec une telle violence. J’ai appris aussi qu’un médecin avait l’obligation de demander notre consentement avant de le réaliser car c’est un acte invasif et bien entendu pénétratif].

Après ça. Je me souviens avoir agit comme un robot mis sous pilote automatique. Ma maman qui était en salle d’attente a vu que ça n’allait pas trop. J’ai répondu que ça allait car je ne voulais pas fondre en larmes devant tout le monde dans le couloir. On a donc remplit tous les documents. Puis j’ai dû dire au revoir à ma maman car j’étais alors hospitalisée dans un centre de rééducation pour ma Myopathie. Un taxi m’attendait pour me ramener là bas. Le chauffeur de taxi a vu que je n’allais pas bien. Il était très gentil et bienveillant. Je sentais que je pouvais lui faire confiance. Je lui ai donc tout déballé sans rentrer dans les détails. J’étais au bord des larmes mais je n’ai pas pleuré. Cet homme m’a alors expliqué que ce que je venais de vivre était grave. Qu’il était important que j’en parle à une infirmière ou à un médecin du centre et de me faire aider (prise en charge psychologique). Que malheureusement sa femme aussi était atteinte d’endométriose et qu’elle avait vécu une expérience similaire et que en parler était très important pour évacuer tout ça.


Le Après :

En rentrant j’avais directement rendez-vous avec mon kiné pour une séance. Je suis allée aux WC et là ça a été le drame une douleur d’écorchure à vif extrême. Tellement que j’en ai eu des suées. Je tremblais, mais j’ai réussi à me rhabiller. Je me suis dirigée en boitant à moitié à mon rdv. Je n’arrivais à rien. J’étais un zombie. Je me souviens comme si c’était hier que j’avais sans cesse le regard dans le vide. Je bloquais totalement. Je n’arrivais à réaliser aucun exercice correctement. Le kiné inquiet m’a demandé comment j’allais, si ça c’était bien passé. Je lui ai répondu en secouant la tête que non. Après j’ai réussi à articuler que ça s’était très mal passé en me recroquevillant sur moi-même. Il m’a demandé si je voulais en parler. J’ai réussi à lui dire au bout d’un moment que j’avais subi des violences gynéco. Il m’a alors demandé si j’étais d’accord qu’il prévienne l’équipe pour qu’une infirmière vienne me voir après dans ma chambre. J’ai répondu que oui. Il m’a demandé de venir avec lui pour me changer les idées, qu’on allait faire un exercice sympa. C’est comme si il avait deviné que les images me hantaient sans arrêt. On a joué ensemble à se faire des petites passes tout doucement avec un ballon. C’est bête mais ça m’a fait un bien fou. Ça forçait mon cerveau à se concentrer sur autre chose. Il me souriait de manière bienveillante. Il essayait de me faire rire en faisant l’imbécile du genre « merde tu déconnes tu me l’a envoyé trop fort là ». Après il faisait semblant d’être déséquilibré. J’avais quelques larmes qui coulaient toutes seules et en même temps j’arrivais à sourire un peu. Je ne remercierai jamais assez mon kiné pour sa non insistance. A aucun moment il a voulu savoir, à aucun moment il a remué le couteau dans la plaie. Il est resté neutre et calme. Son but était de me changer les idées avant tout. Il m’a accompagné sans jamais me juger ou émettre son avis. Le lendemain il m’a demandé si j’avais réussi à parler et si j’avais réussi à dormir et c’est tout. Et je l’en remercie infiniment car ça m’a évité de passer ma séance à ressasser.

A la fin de ma séance, il était temps de regagner ma chambre. Et là, je ne sais pas ni comment ni pourquoi mais les vannes ont lâché. Sûrement le fait de se retrouver seule tout d’un coup. J’ai pleuré de manière incontrôlable et violente. Comme jamais ça ne m’étais arrivée de toute ma vie. Des vagues de sanglots impressionnants avec de grands hoquets au point d’en avoir mal à la gorge. Je me suis retrouvée rapidement trempée de larmes. Après j’ai eu le besoin d’écrire. J’ai écrit en pleurant en relatant tout ce qu’il s’était passé. Car je n’arrivais plus à respirer. Je ne savais plus quoi faire de moi-même. Je me suis retrouvée dans un état de panique. Il fallait que je fasse quelque chose. J’avais la terrible sensation de devenir folle. J’avais envie de me griffer les bras. De me faire du mal. Car je ne me sentais plus « vivante ». Ce sont des mots terribles. Mais je ne me reconnaissais plus dans mon esprit. J’étais envahie par la terreur et l’angoisse. Une fois que j’ai eu fini d’écrire, je commençais à tourner en rond dans ma chambre en marchant. Ça m’avait soulagé d’écrire, ça m’avait évité une crise de panique je pense. Mais ça n’avait pas aussi bien marché que je l’aurai cru. Heureusement dans un timing parfait, l’infirmière a toqué à la porte et m’a demandé si elle pouvait entrer. Et là j’ai refondu en larmes. Pareil, impossible de me contrôler. Après je lui ai tout déballé. A elle et à l’infirmière stagiaire qui l’accompagnait. Ça m’a fait tellement de bien d’être entendue, écoutée, considérée. Mon témoignage a été pris au sérieux et ça c’était le plus beau cadeau que l’on pouvait me faire à ce moment là. Que des personnes issues du milieu médical croient en mes paroles. Je leur disait que je ne comprenais pas pourquoi j’étais dans un tel état. Qu’il y avait pire dans la vie, qu’il me semblait avoir vécu des choses bien pires. Comme la fois où j’avais failli mourir d’une péritonite. Que j’avais juste pas eu de chance car j’étais tombée sur un connard de mauvais poil qui s’était vengé de sa mauvaise journée sur moi point. Elles m’ont alors expliqué que je ne devais pas sous estimer ce qui m’étais arrivée, que j’étais dans un état de stress post-traumatique. Que je devais être patiente et bienveillante avec moi-même. Que ce que j’avais vécu d’un point de vue médical et au niveau de la loi était un viol. Qu’aucune excuse n’était recevable pour de tels actes. Ces mots là m’ont fait un choc. Car en aucun cas je n’avais vu les choses sous cet angle. Je me suis donc un petit peu plus sentie légitime dans mes réactions que je trouvais « excessives ». Elles m’ont demandé le nom du médecin. Je leur ai donné. Et là l’infirmière stagiaire m’a informé que malheureusement ça ne l’étonnait pas. Car elle avait déjà fait un stage dans son service et qu’il était connu pour ne pas du tout être tendre avec ses patientes. Je me suis à la fois sentie moins seule, légitime et à la fois terrifiée de me dire que je n’étais peut-être pas la seule. J’ai demandé ensuite à ce qu’on me donne quelque chose pour me calmer car je me sentais très mal. Elles m’ont donné la moitié d’un anxiolitique et ça m’a soulagé. J’avais enfin la sensation de retrouver un peu de paix intérieur. J’en ai pris pendant 24h. Après j’ai réussi à m’en passer même si ça a été difficile car c’était plus vivable et confortable. Mais je ne souhaitais pas m’y habituer. Après j’ai réussi à en parler un peu au médecin qui me suivait dans le centre puis au psychologue 2 jours après. Ma plus grande chance dans ce passage de ma vie aura été de réussir à en parler. Je n’ose même pas imaginer dans quel état doivent être les personnes qui n’ont personne à qui se confier. Qui n’arrivent pas à en parler ou à écrire. Des fois je me dis que c’est comme si parler m’avait sauvé la vie. En tout cas ma santé mentale. Car j’ai cru réellement devenir folle et ne pas réussir à me sortir de cet état second. Un état de détresse psychologique comme jamais j’ai ressenti. Un état que je ne souhaite à personne. Car on a la sensation d’être une autre personne. Qu’on ne fonctionnera jamais plus comme avant.

Pour information, j’ai eu des douleurs en urinant et au bas du ventre qui ont duré plus de 3h après l’examen. Comme une énorme infection urinaire qui me faisait pleurer tellement la douleur était intense.


Les jours / semaines suivants :

Ne plus réussir à se regarder dans le miroir. Avoir des réactions bizarres (se prendre dans nos propres bras, se recroqueviller et se balancer dans une volonté de réconfort). Avoir des crises de larmes sorties de nulle part incontrôlables. Du vaginisme. Des réactions de défense (mon compagnon par moments ne pouvait pas s’approcher de moi). Se retrouver dans une pièce et ne plus savoir pourquoi on est là. Marcher sans but, ne pas savoir où on va. Des absences. Des regards bloqués dans le vide. Fatigue chronique. Irritabilité. Des douleurs dans le dos, les épaules. La mâchoire, les poings très souvent serrés sans qu’on s’en rende compte. Anxiété chronique. Une colère profonde en soi. Quelques débuts de crises d’angoisses. Et le pire je trouve, c’était cette sensation affreuse d’être dépossédée de mon propre corps. D’être en retrait. Comme si mon corps ne m’appartenait plus. C’est aussi pour cette raison que j’avais la sensation de ne plus tellement être vivante. C’est comme si on m’avait volé une partie de moi. Volé aussi ma confiance envers le corps médical (ça m’a pris beaucoup de temps avant de refaire confiance aux médecins).


Les mois suivants :

- 2 thérapies (une par hypnose, une avec EFT) + chiropraxie + méditation + kinésiologue + digipuncture + sexologue spécialisée dans les Dyspareunies qui est aussi Gynécologue. Et récemment une psychologue consultée. Je dois d’ailleurs reprendre RDV.

- Un sentiment de culpabilité qui me ronge car je n’ai pas réussi à porter plainte ni à le dénoncer à l’ordre des médecins. Je me sens terriblement coupable pour les autres femmes / jeunes filles. J’ai tellement peur qu’il détruise des vies, qu’il fasse d’autres victimes. Et à la fois je suis terrorisée. Terrorisée de le dénoncer pour me retrouver confrontée à lui. Qu’il sache qui l’a dénoncé. J’angoisse de me retrouver de nouveau prise en charge par lui dans le cadre d’une urgence. Et qu’il se venge. Ça me donne des cauchemars rien que d’y penser. A la fois je sens que c’est un devoir de le faire et à la fois ma terreur est justifiée car c’est le seul médecin habilité de tout mon département. Car c’est le chef de service du service gynécologique de la ville la plus proche et que notre département est tout petit. Car c’est quelqu’un qui a beaucoup d’influence dans le coin. Tout ce que j’ai fait pour le moment c’est dénoncer à tous mes amis, famille, connaissances. À absolument tous les médecins et praticiens qui me suivent. Je ne me sens pas capable à l’heure actuelle de faire plus. Merci de ne pas citer de noms en commentaires ou de demander en public. Ni mon secteur, ni mon département. Car sinon je pourrais être poursuivie juridiquement pour diffamation. Je ne répondrai donc pas en commentaires ni sur les réseaux.

- Aujourd’hui avec les thérapies j’arrive à mieux vivre avec ce traumatisme. Même s’il ressurgit parfois sans prévenir. J’ai eu l’immense chance d’avoir été correctement et rapidement prise en charge psychologiquement.

Avant de finir, merci de ne pas me laisser de commentaires de type « mais pourquoi tu ne lui a pas dit stop ou non ou arrêtez, si tu n’as rien dit il ne pouvait pas deviner ». Il est important de noter que lorsque le l’on vit un événement que notre corps ou notre cerveau estime « traumatique », il se met tout seul en mode survie pour nous « protéger ». Ne rien dire, se taire, rester de marbre, fait partie d’un mécanisme instinctif de survie pour nous éviter potentiellement que la situation s’aggrave. Bien évidement qu’après l’événement on s’en veut de ne pas avoir réagit. Mais c’est comme ça. On ne peut rien y faire. On ne choisit pas forcément ses réactions. D’autres personnes par exemple vont carrément devenir amnésiques et tout oublier. Notre cerveau est intelligent, il cherche à tout prix à nous protéger du pire. S’il estime qu’on ne sera pas capable de vivre avec, il va préférer nous faire « oublier » volontairement. Tout cela je l’ai appris en thérapie. Suite à ça j’ai mieux compris pourquoi je ne m’étais pas défendue. Moi qui suis tellement combative d’habitude, je ne comprenais pas mon manque de réaction. Maintenant je sais. Tout ça pour dire que en aucun cas vous avez le droit de juger les victimes de violences telles quelles soient concernant leurs « non réaction ». Ce n’est pas un manque de force, ni un manque de courage. C’est seulement un mécanisme de survie difficile à contrôler.



Remerciements :


- Un immense merci à toute l’équipe de mon centre de rééducation fonctionnelle. Pour leur soutien à tous. Leur aide et leur bienveillance. Ils ont été de véritables amours et jamais dans le jugement.

- Un merci aussi grand que l’infini à mon chéri pour son amour et sa patience sans égale. Son soutien à toute épreuve, son combat à mes côtés. Merci pour ta présence et ton respect de mes limites. Merci pour ton écoute et pour tes gestes d’attention. Merci de ne pas m’avoir jugé quand j’étais plus bas que terre. Merci pour avoir réussi comme personne à me garder l’esprit occupé.

- Merci à ma famille et mes amis pour les mêmes raisons. Merci pour leur soutien.

- Merci aussi à toutes les personnes qui m’ont soutenues sur Instagram sans jugement également. Certaines personnes sont même devenues des amies depuis.

- Merci infiniment à l’association FemmesEndo&Co qui m’a été d’un grand secours pour traverser cette épreuve en 2020. Merci notamment aux intervenants : Tristan pour la thérapie par hypnose que j’ai pu faire avec lui. Merci à Peggy du compte @end0uceur et son cercle de femmes en ligne où j’ai pu déposer mon témoignage. Merci à toutes les participantes pour leur écoute et bienveillance. Merci pour ton soutien en privé Peggy, il m’a été très précieux.



Conclusion :

Merci à tous d’avoir pris la peine et le temps de m’avoir lu. Merci de nous aider à libérer la parole. Ensemble nous sommes plus forts face à toutes ces horreurs (quelles soient plus au moins graves, ce n’est pas le niveau de gravité qui compte, mais les actes eux-mêmes). Il faut que tout cela cesse. Nous sommes des êtres humains dotés de sentiments, d’une sensibilité. D’un corps qui ressent. Nous ne sommes pas des objets.

Chers médecins, chers praticiens. Vous avez le pouvoir de sauver des vies et nous vous en remercions. Mais n’oubliez pas non plus que vous avez le pouvoir sans pour autant le vouloir, de détruire des vies.

Pourquoi j’ai rédigé ce témoignage ? Comme je le disais pour libérer la parole. Pour donner l’élan à d’autres personnes de le faire à leur tour. Car en parler peut avoir un but thérapeutique. Ça me semble également important d’en parler pour faire de la prévention et de la sensibilisation. Sachez qu’un médecin n’a pas tous les droits. Vous avez le droit de dire NON ou STOP. A tout moment vous pouvez faire stopper un examen. Tout simplement parce que votre corps vous appartient. Un médecin n’a pas le droit de vous forcer à faire un examen. Vous avez le droit de partir d’une consultation si vous vous sentez en danger et vous n’avez aucun compte à rendre.


19/06/2021

Suis-je Hypersensible ?

Bonjour tout le monde, j'espère que vous allez bien ?


Aujourd'hui j'avais envie de changer un peu, de faire un article différent pour vous parler d'un sujet en particulier. Celui de l'hypersensibilité.
Honnêtement je ne savais pas trop comment aborder le sujet car c'est assez compliqué à expliquer je trouve.

J'ai donc décidé de vous faire un article où je réponds/réagis à une vidéo YouTube. Il s'agit de celle-ci :




Je me suis permise de reprendre tous les points de la vidéo et d'y répondre. De vous partager ma propre expérience et ressentis. C'est en quelque sorte mon témoignage sur le sujet que je vous dépose ci-dessous.

Je ne vous cache pas que comme d'habitude quand je témoigne, ça part dans tous les sens et ça se transforme en un article de 3 km de long... On ne se refait pas ! Certains passages m'ont amené à me confier bien plus que prévu... Je vous parle notamment d'amitiés qui se terminent. Ce sont des passages qui ont été très éprouvants à écrire pour moi. J'ai versé de nombreuses larmes. Cependant ça a été thérapeutique. Ça m'a fait beaucoup de bien de déposer ces sentiments qui étaient enfouis et refoulés depuis de nombreuses années. Des sentiments dont j'avais sous-estimés l’ampleur et la douleur. J'ai essayé d'être la plus claire et la plus synthétique possible.
Cet article m'a demandé environ quatre demies journées de réalisation. De ce fait, n'hésitez pas à le lire en plusieurs fois car il est conséquent. Comme d'habitude c'est fait avec le cœur, avec mes tripes, ça risque donc d'être brouillon. Je me suis contentée de suivre le script de la vidéo (en noir le script, en vert mes réponses et précisions).




*-*-*-*-*-*-*-*-*-*




1. Le manque de sommeil te rend dingue :


Quand tu fais une bonne nuit de sommeil tu es bien, sinon c’est l’horreur ? Totalement, ça me rend exécrable ! Je lutte vraiment contre moi-même pour ne pas « pourrir » la journée des personnes qui m'entourent, ça me demande un réel self contrôle. Je dis d'ailleurs souvent avec humour que ça me rend « chèvre » ou carrément « conne » !

Les personnes hypersensibles sont plus fatiguées par leurs journées :
- Traitement de nombreuses informations (hyperstimulation : sensibles aux stimulus extérieurs). Plus il y a de bruits autour de moi, plus je serais fatiguée à la fin de la journée. Je l’ai remarqué oui. C’est d’ailleurs pour ça que les fêtes, les gros repas, beaucoup de passages au travail et de discussions en arrière plan etc m’épuisent très facilement. C’est d’ailleurs aussi pour ça que je ne me vois pas vivre en ville. Et que j’apprécie le calme et la solitude.

Je suis également hypersensible à la lumière, aux variations de luminosité. Dès qu’il y a un rayon de soleil j’éternue et je déteste conduire de nuit. Les phares m’éblouissent ainsi que les réverbères et le reflet des panneaux de signalisation. J’ai tendance à toujours baisser la luminosité de mes écrans.

- Variations émotionnelles : l’hyperémotivité. Cette partie là s'est calmée avec les années personnellement grâce notamment à mes prises en charge thérapeutiques. Je suis plutôt constante. Sauf cas particuliers (stress, événements heureux/malheureux, personnes en colère ou très triste, confrontation à l'injustice, aux violences). La plupart du temps j'ai tendance à "masquer" mes ressentis pour ne pas "incommoder", "gêner" les autres. Car je n'ai pas envie qu'on dise de moi que je suis une personne "excessive". Ce qui d'ailleurs n'est pas un bon réflexe. Car on garde tout en nous on cumule et à un moment donné on "explose". Personnellement j'explose en me mettant à pleurer "pour un rien" à la moindre contrariété quelques temps après. Je peux aussi me mettre fortement en colère juste parce-que je ne vais pas arriver à faire quelque chose. Ça fini toujours par sortir quoi qu'il arrive.

- Sentir son énergie être aspirée par les autres, du fait de l'empathie (écoute active). Oui, très régulièrement. Même si j'apprends avec les années à prendre du recul et à m'imaginer être « en retrait ». Je me répète que ces émotions ne sont pas les miennes. Et surtout que je n’y suis pour rien. Je ne suis pas responsable de ce qui arrive aux autres. Je n’ai pas le pouvoir de changer les événements. Le fait de me répéter ça dans ma tête m’aide à me calmer. A faire la part des choses. Cependant une chose est sûre, je me sens vidée de toute énergie à la fin de la journée quand les gens se confient à moi. Encore plus quand les sujets me touchent particulièrement. J'ai d'ailleurs récemment été très affectée par un témoignage de tentative de viol vécue par une connaissance où personne ne l'avait soutenue à l'époque. 

- Concentration intense (oui ça nécessite de l’énergie). J'ai en effet beaucoup de mal à me concentrer dans les lieux bruyants, quand des personnes parlent à côté. Mon cerveau à ce besoin de toujours tendre l'oreille. C’est comme si c’était plus fort que lui. Il en est de même pour quand je suis seule dans un lieu calme. Mes pensées ont souvent tendance à me « parasiter », à prendre trop de place au détriment de mon travail parfois. C'est un exercice encore très difficile pour moi. Je n'arrive pas à faire deux choses en même temps. Ça me demande un gros travail de « recentrage ». Par contre quand je suis concentrée sur ce que je fais, je suis vraiment à fond dedans et je peux être très productive.

- Cerveau en état d’hypervigilance (capter toutes les informations, puis faire le tri, analyser). Tout le temps oui.

- L’insécurité (l’hyper-activation du système nerveux). Dès que je sors de chez moi oui. Et encore, des fois ça m'arrive même à la maison (bruits indéterminés par exemple). J'admets que je vis souvent dans la peur en extérieur. Je préfère être accompagnée pour me sentir rassurée. Un autre exemple, quand je me promène en forêt, je suis toujours en alerte. Toujours dans la peur de croiser un animal agressif etc. J’ai toujours peur qu’il arrive quelque chose. Je ne suis jamais sereine.

- Manquer de moments ressources dans la journée (fatigue mentale). Il faut que je prenne du temps pour moi oui tous les jours. C’est un besoin vital même. Sinon ça ne va pas.

- Une mauvaise hygiène de vie amplifie ces éléments. Je le constate oui quand « je me laisse trop aller », je ne vais pas bien du tout dans les jours suivants. Dans mon cas ça va être : manque de sommeil, quand je reste trop sédentaire, trop grande consommation d'écrans. Ça me fait me sentir très mal après. Pour info, je supporte assez mal l'alcool et les énergisants.



2. Ne pas se sentir à l’aise dans un lieu où le son est trop fort ?
(Gare, aéroports, soirées, concerts, ciné, métro, festivals, salons...).

Chez moi ça ne va pas me mettre forcément mal à l'aise, mais ça va me créer une immense fatigue après coup. Il va me falloir plusieurs jours pour m’en remettre.



3. Les interactions sociales te fatiguent :


- Vie intérieure riche (vous verrez ce qu'il veut dire par là dans sa vidéo mais oui, je confirme).

- Se sentir en décalage avec la sensibilité des autres. Ça dépend de mes interlocuteurs, si je suis avec des hyposensibles oui).

- Devoir s'adapter pour supporter le bruit (soirée). En vrai ça va je m'adapte bien. C'est plus un contre-coup chez moi. Durant l'événement ça va, ça ne me demande pas un effort énorme. Par contre après la fatigue est violente. Il en est de même pour les gros repas de famille.

- Devoir s'adapter pour ne pas être affecté par les remarques. Oui, je prends les choses très à cœur, je suis souvent susceptible, j'ai du mal à recevoir la critique, ça me blesse souvent profondément. Même si c'est fait avec humour. Je demande seulement aux gens de faire preuve de pédagogie. Quand c'est fait de manière bienveillante et constructive, je le prends bien car je sais que c'est pour m'aider à avancer, à m'améliorer. Même si sur le coup c'est difficile à encaisser pour moi. Car dans la vie, personne n'est parfait. Les avis des autres peuvent réellement être enrichissants et nous aider à évoluer).

- Devoir s'adapter pour ne pas avoir l’air bizarre et vexer les autres. Oui, je me « calque » souvent à la personne avec qui j’interagis. J'ai toujours peur de blesser alors j'y vais avec « des pincettes », je « marche sur des œufs ». Je m'aligne au comportement, aux émotions et à l'énergie de l'autre. Je n'arrive pas à faire autrement. Pour expliquer les choses, j'ai souvent utilisé la phrase « j'ai l'impression d'être un miroir », de « ne pas avoir de personnalité ». Je me sens obligée d'agir ainsi pour le bien-être de l'autre. Je ne sais pas l'expliquer. Une chose est sûre ça me demande beaucoup d'énergie. Je me sens souvent épuisée en allant au lit. C'est ma manière de fonctionner et je ne sais pas comment faire autrement. Je m'adapte aux autres, toujours. Même si au fond je sais que je reste moi. C'est juste comme enfiler un masque, mais derrière je reste moi-même. J’ai aussi ce besoin viscéral de me faire accepter, approuver et aimer des autres. C’est peut-être aussi pour cette raison. Alors que dans les faits, humainement parlant, on ne peut pas apprécier tout le monde.



4. Tu réagis mal aux conflits :


- Ne pas supporter quand des personnes se disputent. Clairement oui, je fuis. Si je dois rester, je me sens très mal. Je vais même aller plus loin, je ne supporte pas les débats à la télé, à la radio ou autre. Encore plus quand les gens ne se laissent pas la parole, se coupent et s'énervent. Ça me provoque de la colère, un grand sentiment de frustration. J'ai envie de leur crier « de fermer leur gueule ». Même si les sujets sont intéressants, si les échanges sont constructifs. Je ne supporte juste pas ça. Si je suis obligée d'y assister, sois je fui, sois je mets mes écouteurs et je me mets de la musique dans les oreilles. Histoire de moins entendre. Sinon bah je subis, car je n'ai pas le choix et après ça m'affecte pour le reste de la journée. État d'énervement qui ne passe pas.

- Tu analyses leurs micros expressions. Je pense oui, sans le savoir, de façon automatique. J'ai besoin de « prendre la température ».

- Grosses répercussions sur ton ressenti. Oui souvent, je suis une éponge émotionnelle d'après mes thérapeutes. Le problème c’est que l’émotion va me coller à la peau pour le reste de la journée. Voir plus si ça me touche particulièrement.

- Trop d’empathie. On me le dit souvent oui. Parfois on me fait même remarquer que c’est limite « maladif ». Tellement ça a de l’impact sur moi après.

- On ressent + que les autres (plus triste, plus heureux, plus amoureux, plus déçu). Je pense oui en effet. Quand je compare les réactions des autres face aux mêmes événements, clairement oui. J'ai d'ailleurs souvent l'impression que les autres « s'en foutent » et je me demande comment c'est possible. Je vais d'ailleurs vous raconter une anecdote qui va peut-être vous paraître "folle". Quand j'ai assisté pour la 1ère fois à un enterrement (d'une personne âgée que je connaissais à peine). C'est comme si j'avais ressenti et récupéré toute la tristesse des gens autour de moi. Je me suis mise à hyperventiler et à pleurer de façon incontrôlable. J'étais terrassée par l'émotion et la cérémonie funèbre n'a rien arrangé. Après ça j'étais dans un profond état de mal-être, repliée sur moi-même. Je n'arrivais pas à me sortir de mon état de tristesse. Mes parents étaient très mal pour moi. Ils se sont même excusés de m'avoir fait subir cette épreuve. On a même mangé au restaurant pour me changer les idées. Les deux enterrements suivant que j'ai vécu, j'étais également très touchée. J'ai beaucoup pleuré sans réussir à me retenir. Je précise ça car je suis très mal à l'aise vis-à-vis des gens autour de moi d'être aussi émotive. La tristesse est telle qu'elle m’envahis et est incontrôlable. Il faut que les émotions sortent. Et j'ai envie de dire tant mieux. Pouvoir évacuer cette émotion est le meilleur des cadeaux. J'ai très mal au cœur quand je constate que certains proches n'y arrivent pas et à quel point ça les ronge de l'intérieur.

- Tu sens un énervement monter quand tu es dans un conflit, alors tu fuis. Ça confirme ce que je disais plus haut.

- Même si on sait que c’est faux, dans un film (horreur). Totalement, mon cerveau a en effet du mal à faire la différence entre ce qui est réel et non réel. Comme si pour lui ça ne faisait aucune différence. Les films d'horreur sont pour moi une vraie torture. Ça me rend extrêmement mal et peut me créer de réels traumatismes (ça a déjà été le cas à deux reprises dans ma vie). Les films/séries où il y a des scènes violentes, je suis dans l'obligation de fermer les yeux. Je vis intensément les choses. Je ne peux pas m'empêcher de me mettre à la place des personnages. Par exemple, je ne supporte pas les scènes de viol, de torture. Car j'ai la sensation de les vivre moi-même par procuration. C'est trop éprouvant pour moi, même si je suis consciente au fond de moi que c'est « pour de faux », que c'est de la fiction. Je vais vivre également les autres émotions de manière intense (joie, amour, tristesse, colère...). Après un film/une série qui m'aura beaucoup touché, je me retrouve souvent extrêmement fatiguée, "vidée". Il en est de même pour certaines lectures bien sûr, car mon cerveau a beaucoup d'imagination, se représente très bien les scènes. C'est sûrement pour ça que j'adore lire d'ailleurs !

- Une rupture te fera plus d’effets. En effet, il m'aura fallu plus de 2 ans pour arrêter de culpabiliser d'avoir quitté mon ex (dans le sens de l’avoir fait souffrir). Je me suis sentie en paix avec cette ancienne relation uniquement quand j'ai appris qu'il avait de nouveau quelqu'un dans sa vie. Que je le savais bien dans cette relation. Je me suis enfin sentie en paix, libérée. Durant cette période, je m'interdisais d'être pleinement heureuse dans ma nouvelle relation. Selon moi, je n'avais pas le droit d'être heureuse car j'avais fait souffrir quelqu'un. J'avais la sensation d'être un monstre sans cœur d'avoir retrouvé quelqu'un au bout de 6 mois de célibat. J'avais l'impression de ne pas mériter cette nouvelle relation. Alors que j'avais juste écouté mon cœur et mon intuition à la base. Étant quelqu'un de très loyal, cette expérience a été difficile. Surtout que je m’entendais extrêmement bien avec sa famille. J’avais le sentiment d’avoir « trahi » tout le monde en partant.

Il en est de même pour les sentiments amoureux non réciproques. A l'adolescence j'étais un vrai « cœur d'artichaut ». Je tombais facilement amoureuse et de manière très forte, très intense. J'avais un énorme besoin d'amour à donner. Mon imagination étant très développée, je me faisais facilement « des films ». Je me voyais vivre une histoire d'amour splendide avec telle ou telle personne. Quand j'apprenais que finalement non, ce n'était pas réciproque, je le vivais comme un véritable drame. Le monde s'effondrait autour de moi. Je rentrais dans un état de mal-être extrême. Tellement, que j'avais l'impression que je n'arriverai pas à « survivre ». Cette dernière sensation je l'ai vécu 4 fois dans ma vie. L'impression que je ne pourrais pas me relever. Je suis consciente du côté très extrême de la chose, mais c'est réellement comme ça que je le ressentais. Je mettais souvent une à plusieurs années pour « m'en remettre ». La plus dure a d'ailleurs laissé des traces. J'avais dû changer d'établissement scolaire pour m'en sortir (un jeune homme qui en ne voulant pas me faire du mal m'a laissé sous entendre des possibilités pendant des années, car il n'avait pas su se montrer clair et honnête avec moi sur ses sentiments. J'avais eu un vrai coup de foudre pour ce jeune homme. Vous savez l'impression que le temps s'arrête autour de vous, que tout est au ralentit, que votre cœur bondit de votre poitrine, que quelque chose vous transperce littéralement. Puis ce 1er regard échangé qui restera gravé à jamais). Oui je l'ai vécu. Non je n'ai pas l'impression de m'en être tout à fait remise aujourd'hui. Car je n'ai jamais autant souffert de toute ma vie. Des "oui mais ... Non... Mais je ne sais pas...". Pour être honnête avec vous si je le recroise un jour, je ne sais pas comment je réagirais. Je pense que je me mettrai à pleurer, que je me sentirais très mal et que je fuirais le plus vite et le plus loin possible. Car c'est une blessure qui n'a jamais totalement cicatrisé puisque je n'ai jamais vraiment sû. C'est à la fois le plus beau sentiment du monde et à la fois le plus déchirant. Un sentiment qui vous détruit de l'intérieur. De mon point de vue de ma courte vie bien sûr. Heureusement tout est bien enterré bien profondément en moi maintenant. Une chose est sûre je ne souhaite à personne de vivre ça avec une telle intensité un jour.

Après il y a eu des non dits, un acte manqué une fois. Des sentiments naissants non révélés.  J'en ai d'ailleurs parlé lors d'un groupe de parole
cette année de ce fameux acte manqué. Et ça m'a fait beaucoup de bien de me confier là dessus. Car ça m'a rongé pendant de longues années. Comme on dit avec des SI on pourrait refaire le monde ! Je remercie encore ces personnes qui m'ont écouté sans jugement. Je me suis sentie comprise et entendue. Et ça, ça vaut tout l'or du monde. Beaucoup d'émotions sont sorties ce jour là. C'était tellement libérateur !

J'ai d'ailleurs perdu l'amitié de mon meilleur ami à cause de mon cœur d'artichaut. J'ai très longtemps regretté d'avoir partagé mes sentiments. D'autant plus qu'avec du recul, je m'étais rendue compte que ce n'était pas de l'amour que j'avais ressenti pour lui, seulement une très profonde affection. Une amitié si forte et fusionnelle qu'on en rencontre qu'une fois dans sa vie. Au final notre relation me suffisait, mais il était trop tard, j'avais tout gâché. Lui, ne pouvait plus nous voir de la même manière. Lui, me considérait comme sa petite sœur. Moi j'avais débordé. Mon amitié pour lui était si grande et puissante que j'avais confondu mes sentiments. Et le plus triste dans l'histoire c'est que ce sont les réflexions des autres qui m'avaient amené à croire que oui, tout compte fait, j'étais peut-être amoureuse. C'est à force d'entendre tout le monde nous dire « vous feriez un si beau couple », « vous êtes trop mignons tous les deux », « votre relation est incroyable », « vous êtes si proches et complices on dirait un vrai couple », « genre vous ne sortez pas ensemble, arrête de mentir ça se voit comme le nez au milieu de la figure », « à tous les coups il t'aime et n'ose pas te le dire », « pourquoi vous ne sortez pas ensemble ? », « ça va comment les amoureux? ». Au début ça nous paraissait tellement invraisemblable qu'on en riait, on démentait et puis c'est tout. Mais à force de nous l'entendre dire, lui ça commençait à le gonfler donc il envoyait balader les gens. Pour ma part petit à petit, ça faisait son bout de chemin dans mon esprit. J'ai fini par me poser des questions et à m'imaginer des choses. C'est comme ça que j'ai fini par tout mélanger et tout confondre. Dans le fond c'est bien dommage. Si personne n'avait insisté autant on serait peut-être encore amis. Mais c'est la vie, c'est comme ça. Je garde en mémoire les précieux moments passés à ses côtés. Son amitié m'a aidé à sortir de mon début de dépression de l'époque. Il m'a ré insufflé la vie. Je lui en suis éternellement reconnaissante. J'ai vécu une année très riche en émotions grâce à lui. Je n'étais plus « anesthésiée ». Il m'a montré qu'on pouvait faire sortir nos démons, ne pas les laisser nous ronger de l'intérieur. Grâce à lui, je ne me suis plus jamais scarifiée. Il m'a fait découvrir la puissance de la musique (notamment le métal), qu'elle pouvait nous aider à libérer notre tristesse et notre colère. Que j'avais le droit de pleurer à chaudes larmes, que j'avais le droit de crier, de m'exprimer. Qu'on pouvait se réfugier dans l'art (moi l'écriture, lui le dessin). Je n'oublierai jamais cette année d'internat à ses côtés. Il était en quelque sorte mon jumeau. On était pareils. On se comprenait sans se parler, on avait notre langage silencieux. On ressentait les émotions de l'autre, on ne pouvait jamais se mentir, se cacher quoi que ce soit. On parlait pendant des heures de tout et de rien. On ne se quittait jamais en semaine. On mangeait ensemble, déjeunait ensemble, faisait nos devoirs ensemble, on s'isolait tous les soirs rien que nous deux. Dans notre salle de cours ou dehors et ceci jusqu'à rejoindre nos chambres. A l'internat, nous n'avions pas d'amis, aucune affinité avec les personnes de nos chambres. C'était juste nous. Je ne compte plus nos discussions sur des questions existentielles de la vie, ensemble on rêvait d'un monde meilleur sans injustices. Nos concours de rots à n'en plus finir, j'ai d'ailleurs gardé cette mauvaise habitude de roter à cause de lui ha ha !! Nos crises de fous rires pour nos conneries. Ce mec était dingue, avait une connerie débordante, je n'ai jamais autant ri de toute ma vie je crois ! (Surtout quand un ami de classe se joignait à lui. 2 couillons ensemble ça envoyait du lourd !). Nos heures d'étude obligatoire du soir où on avait du mal à rester calme, toujours la connerie aux fesses. Au final on avait trouvé la parade, collés à faire des mots mêlés ensemble. Nos séances d'écoute de musique collés serrés parfois ma tête sur son épaule un écouteur chacun, à juste profiter de l'instant en suspension. Je n'oublierai jamais ces instants qui m'ont fait me sentir vivante tout simplement. J'étais apaisée et avait un sentiment de plénitude. Je me sentais à ma place à ses côtés. Une amitié précieuse qui s'en est allée, mais qui restera à jamais gravée dans mon cœur comme de doux souvenirs. Notre amitié s'est arrêtée brutalement et à la fois en douceur. Il n'y a jamais eu de colère. Juste de la tristesse et de la culpabilité. Des larmes pour une histoire qui se termine. Mes 18 ans avaient annoncé la fin de notre amitié en douceur. C'est à mon anniversaire que j'ai pu constater que même des années après, rien ne serait plus jamais comme avant. Le malaise ne partait pas. Je vais désormais parler ainsi :
Car oui, on s'est tout dit à travers notre regard, notre discours silencieux. J'ai lu en toi, j'ai compris et toi aussi. Car nous c'était ça. Des paroles nous auraient brisé le cœur, nous aurait peut-être arraché la gorge. Alors nous avons choisi d'utiliser notre meilleure capacité. Notre silence, notre capacité à communiquer sans avoir à parler. Tu étais mon double. Je te respecte alors je respecte ton choix. Car oui tu es une personne entière. Je suis en paix avec notre histoire car nous avons vécu ce que nous avions à vire. Il était temps qu'on prenne notre envol, chacun de notre côté. Je t’ai alors laisser partir, voler de tes propres ailes. Je n'oublierai jamais cette chance de t'avoir eu dans ma vie.

Voilà, c’est fini.

Il y a d’autres amitiés qui se sont terminées sans explications. Dans lesquelles j’étais très investie. Est-ce que les gens décident comme ça que finalement nous ne sommes plus assez intéressants ou assez bien pour eux ? Je ne sais pas. C’est le grand mystère. Il y a des relations pour lesquelles je sais être en partie fautive. Où je n’ai pas supporté être « laissée de côté » , où j’ai pu me montrer jalouse ou virulente. C’est le cas de mes grandes amitiés de collège. J’ai très mal vécu ce sentiment d’abandon « loin des yeux, loin du cœur ». Même si je m’étais faite d’autres amis merveilleux qui sont toujours là aujourd’hui, j’ai toujours en travers de la gorge d’avoir été mise de côté. Ceci sous prétexte que chacun suit son chemin et fait sa vie, qu’on change. Si je donne mon cœur en amitié c’est en quelque sorte pour la vie. Alors j’ai très mal vécu d’être abandonnée alors qu’on était toutes si proches. J’aurai aimé une bonne engueulade où on s’explique plutôt qu’être « ghostée ». Des fois je me dis que j’ai un grave soucis, de me montrer aussi nostalgique d’amitiés qui datent d'aussi loin. Mais c’est ainsi, je suis entière. Et puis il y a des amitiés qui restent. Des personnes que tu vois qu’une fois tous les 5 ou 8 ans mais avec qui tu communiques de temps en temps et que quand tu les retrouves, c’est comme si rien n’avait changé. Il y en a d'autres avec qui je communique que par écrit mais pour qui je serais toujours là et vice versa. Chez moi loin des yeux, loin du cœur, ça n'existe pas. Tant que je garde le contact, c'est que vous avez tout mon amour.
Ces amitiés si rares et précieuses pour lesquelles j’ai beaucoup de gratitude.

Je me suis faite une promesse l’année dernière : ne plus courir après les gens. Ne plus se donner corps et âme pour entretenir des amitiés dont les gens ne veulent plus. Si les personnes veulent rester elles restent. Sinon elles n’ont qu’à partir. J’en ai marre de me battre pour les retenir. C’est moralement épuisant. Je pense désormais que les choses se font naturellement. Je n’ai pas envie de me forcer, d’être quelqu’un que je ne suis pas juste pour leur plaire. Si mon évolution ne plaît pas qu’ils partent. C’est tout simplement que nous n’avons plus les mêmes valeurs. Ou tout simplement plus la même vision des choses. Si les choses sont comme ça, c’est que ça devait se faire ainsi. Certaines personnes sont juste de passage dans notre vie et il faut l’accepter. Même si c’est difficile quand l’attachement est fort. Plus facile à dire qu’à faire, j’en suis la première à en faire les frais mais c’est comme ça. J’ai désormais tendance à dire qu’on attire à nous ce que l’on est. Donc c’est normal que des personnes s’en aillent. Car on avance, on change, on évolue, on grandit. Si les personnes partent c’est qu’elles ne se reconnaissent plus en nous. Nous n’avons plus forcément la même vision de la vie. Des fois nos choix dérangent aussi. L’effet miroir tout ça. Je pense donc qu’il faut qu’on arrête de se culpabiliser. Nous avons chacun notre responsabilité mais nous ne sommes pas forcément responsable des choix des autres.

- La pression te rend dingue. J'ai très mal vécu mes examens d'étude, ça me rendait malade littéralement. Il en est de même pour mes expériences professionnelles. J'ai eu des expériences difficiles où j'ai perdu énormément confiance en moi. Je vivais dans le stress et dans la peur. Je vivais ça comme une réelle bataille de tous les jours. Je me mettais en mode « combattante » et ça me faisait énormément souffrir. D'autant plus qu'on m'en demandait toujours plus. Performance, performance, performance. Je n'en pouvais plus. Jusqu'à ce que je fasse une sorte de « burn-out » à force d'avoir poussé mon corps et mon esprit à bout. Étant perfectionniste dans mon travail, voulant tellement bien faire. La notion de faire des « erreurs » me terrorise. J'ai besoin qu'on soit « fier de moi ». De plus, plus on me met la pression, plus je panique et plus « je fais de la merde ». Plus on m'encourage et me motive et plus je suis efficace. En gros, il faut me prendre dans le bon sens du poil pour que ça marche ! C'est comme si ça me donnait du carburant et je suis capable de « déplacer des montagnes » pour satisfaire les autres. J'ai envie de faire plaisir et d'aider. J'ai tendance à faire mon maximum. Si jamais on me donne plein de trucs à faire en même temps en urgence, là c'est pareil, je panique et me sens submergée. Je n'arrive à rien. Quand c'est comme ça, je fais en sorte de faire des exercices de respiration. Je fais en sorte de ne pas me laisser envahir par la panique. Je demande concrètement quelle est la tâche prioritaire, je me concentre dessus et prends les choses une par une. Je me focalise sur une chose à la fois. Sinon c'est le drame.
- On sur-analyse la situation. Un peu trop oui... Des fois je m'en rends compte et j'essaie de prendre du recul.

- On supporte mal les cris. Totalement.

- Tes limites sont vites atteintes. Oui et c'est souvent handicapant dans notre société actuelle où la productivité et les résultats priment sur tout le reste. Je dois vivre avec une fatigue chronique depuis quelques années et ce n'est pas évident. J’essaie d’être au maximum bienveillante envers moi-même. Mais j’avoue mal accepter mes limites. Je me frustre très rapidement et la colère me gagne. J’ai encore un long chemin à faire à ce niveau là. Juste accepter de ne pas avoir la même énergie que la moyenne et la même façon de fonctionner. Accepter que la « slow life » est ce qui convient le mieux à mon équilibre personnel.



5. L’amour peut faire peur Attention, cœurs fragiles :


- La peur de ne pas être pris au sérieux
- Faire souffrir l’autre
- Être incompris
- Faire l’objet de moqueries
- Le manque de tendresse
- Le manque d’authenticité
- Être considéré comme faible

Exactement !



Voici quelques conseils :


- S’entourer des bonnes personnes (couple, amis)
- Apprendre à se détacher du mental, se reconnecter au corps
- Prendre du temps seul
- Prendre de la hauteur sur des situations
- Pratiquer une activité physique et artistique
- Apprendre à mieux se connaître, se comprendre, à accueillir ses émotions, à écouter et exprimer ses besoins et ses ressentis
- Retrouver confiance en listant toutes ses qualités
- Savoir se mettre à la place des autres
(dans le sens où les gens ne fonctionnent pas comme nous),
- Devenir bienveillant et indulgent envers soi-même, moins exigeant et perfectionniste

Je trouve que ce sont de bons conseils en effet.




*-*-*-*-*-*-*-*-*-*



Par curiosité, et parce-que j'avoue, j'adore les tests, j'ai répondu à son fameux questionnaire en ligne ! Je vous le donne dans le mille, j'ai répondu à oui partout, sauf à deux questions ! Soit disant, il n'y a pas de doute possible en ce qui concerne la réponse à la fameuse question "Suis-je une personne hypersensible ?". Voilà, vous savez tout !





*-*-*-*-*-*-*-*-*-*





Je vous partage également son autre vidéo sur le sujet que j'ai trouvé plutôt complémentaire à la 1ère.



Je me suis également amusée à voir à travers quelle(s) catégories je me retrouvais. Le résultat est... Dans toutes ! A des niveaux d'intensité plus ou moins variables suivant les différents points abordés bien entendu.



Et vous alors ?
Est-ce-que vous vous considérez aussi comme une personne Hypersensible ?
N'hésitez pas à me répondre en commentaires ou en message privé sur Instagram.
C'est toujours un plaisir d'échanger avec vous !




D'autres vidéos sur le sujet :


Elodie Leclerc :
Vidéo 1
Vidéo 2

Marion :
Vidéo 1
Vidéo 2

Ferdinand Richter :
Vidéo 1



12/12/2020

Lettre ouverte à destination du Corps Médical

 Chers Médecins,

Je tenais à rédiger une lettre ouverte à votre attention.

Ceci pour essayer d'éveiller les consciences et sensibiliser.
Mais aussi pour moi-même.
Mettre des mots sur ce que je ressens m'aidera peut-être à me libérer de cette colère qui me ronge. Durant toutes ces années, j'ai nourri une rage profonde insoupçonnée face à tant d'injustices. Autant par mon vécu que par celui des autres femmes qui se confient à moi.
Des femmes qui on vécu l'enfer.

Aujourd'hui, j'aimerai que vous preniez le temps de lire mes mots. Je suis consciente que votre temps est précieux. Mais s'il vous plaît, faites-le pour nous, vos patient(e)s.

Tout d'abord, j'aimerai vous poser quelques questions :
Pour quelles raisons faites-vous ce métier ? Quelles sont vos motivations profondes ?
Aimez-vous aujourd'hui réellement ce que vous faites ? Ou êtes-vous à bout ?

Si je vous demande ça c'est parce-que j'aimerai comprendre.
J'aimerai comprendre pourquoi nous subissons tant de violences, autant physiques que psychologiques ?
Comment cela se fait-il qu'en tant que patient(e)s on se retrouve avec des traumatismes lourds ? J'aimerai comprendre comment on peut en arriver jusqu'à subir des syndromes post-traumatiques.
Ceci en sachant que dans les faits, un médecin est censé être là avant tout pour soulager ses patient(e)s.
Je le répète, j'aimerai juste comprendre.
S'il vous plaît, dites-moi pourquoi vous nous rabaissez plus bas que terre ?
Pourquoi vous nous regardez de haut en attendant que l'on baisse les yeux devant vous ?
Quel bénéfice en retirez-vous ?
Pourquoi avez-vous des paroles agressives suite à une simple interrogation ?
Pourquoi vous mettez-vous à rire si on vous pose une question qui vous paraît « idiote » ?
Pourquoi est-ce que vous-vous braquez et « montez sur vos grands chevaux » si on vous montre qu'on a des connaissances médicales ? Ceci alors qu'on voulait juste connaître votre opinion sur un sujet précis. Je ne comprends pas pourquoi le fait d'avoir des connaissances vous rend « amer ».
De plus, pourquoi vous permettez-vous de juger notre physique ? (Trop maigre, trop gros(se), pas épilé(e), trop épilé(e), tatoué(e), percé(e)...).
Pourquoi agissez-vous comme si vous connaissiez notre corps par cœur, alors que vous ne prenez même pas la peine d'apprendre à nous connaître ? Notre corps nous appartient encore que je sache.
Par ailleurs, vous n'êtes pas devin si ? Alors s'il vous plaît, arrêtez de nous dire que vous savez parfaitement ce qui est bon pour nous. Vous n'êtes pas dans notre corps. Si on vous certifie qu'on tolère mal un traitement, ce n'est clairement pas pour vous « faire chier ». C'est que c'est juste la vérité.
Pour finir, j'aimerai savoir où est passé votre part d'humanité ? Votre cœur ? Car nous sommes des êtres sensibles, dotés de sentiments. Nous ne sommes pas des objets, des numéros ou juste « des corps à examiner ». Nous ressentons la douleur.
Et par pitié, demandez-nous la permission avant de pratiquer un examen.
Par pitié, faites preuve d'un minimum de douceur et de bienveillance.
Par pitié, arrêtez d'être si violents et brutaux.
Arrêtez de violer notre intimité.
Arrêtez de nous voler notre intégrité.
Arrêtez de nous déposséder de notre corps et de notre âme.
On demande seulement du respect, un minimum de considération et d'empathie.
Mettez-vous à notre place ne serait-ce que 30 secondes. Inversez les rôles.
Aimeriez-vous subir ça ?
Je vous rappelle que nous sommes des êtres vivants.
Le pire c'est que je suis persuadée que vous ne vous en rendez même pas compte.
Alors rappelez-vous que vous avez la capacité de nous marquer à jamais, de nous détruire.
Vous êtes responsables de votre comportement.
Est-ce qu'on subit ça parce que vous êtes totalement « blasé(e)» ? Ou est-ce que c'est parce-que vous êtes pressé(e) ? Vous avez eu une mauvaise journée ? Ça arrive à tout le monde.
Mais rappelez-vous malgré tout, que vous avez en charge des êtres vivants et non des marchandises.
Nous n'avons pas à subir ça, en aucun cas.
Rien ne justifie la violence.
Et surtout, nous avons le droit de dire NON.
Vous n'avez pas à décider pour nous.

Malgré toutes ces horreurs subies, je garde malgré tout espoir.
J'essaie de me focaliser sur le positif, de garder en mémoire les bons professionnels de santé.
Ceux qui sont compétents tout en étant altruistes et bienveillants. Ceux qui font preuve d'empathie. Ceux pour qui leur métier est une réelle vocation. Ceux qui continuent à aimer leur métier malgré la pression phénoménale qu'ils subissent chaque jour et le manque de moyens. Ceci malgré des patient(e)s qui se sont montré(e)s précédemment exécrables.
Je garde en mémoire vos mots gentils et rassurants, votre sourire bienveillant.
Je garde en mémoire vos gestes respectant mon intimité et mon corps.

Je garde en mémoire vos encouragements, votre patience et votre écoute attentive.
Je garde en mémoire vos petits gestes d'attention, comme un simple café proposé.
A toutes ces personnes je leur dit MERCI du plus profond de mon cœur.
Merci pour votre investissement corps et âme.
Merci pour l'espoir que vous nous donnez.
Merci pour votre compréhension, votre écoute et votre aide.
Merci de savoir nous redonner le sourire.
Merci à ceux qui ont l'honnêteté de nous dire quand ils ne maîtrisent pas une certaine pathologie. De prendre la peine de nous renvoyer vers un(e) confrère maîtrisant mieux le sujet. Ceci au lieu de nous dire que c'est forcément « dans notre tête » ou « dû au stress ».
Merci d'être là. Merci d'exister.
Car grâce à vous, je continue à croire en la Médecine traditionnelle.
Grâce à vous, je me sens comprise, légitime et en confiance. Grâce à vous je peux continuer à vivre avec plus de sérénité. Grâce à vous j'ai moins peur des rendez-vous et des examens médiaux.
Vous êtes rares et précieux, MERCI.

(Médecins spécialistes et généralistes, Infirmier(es), Aides-Soignant(es), ASH, Internes, Anesthésistes, chirurgiens, kinés, ostéo, radiologues, etc...).

Ps : un énorme merci aux infirmièr(e)s et anesthésistes qui font preuve d'énormément de patience et de douceur avec moi quand ils n'arrivent pas ou galèrent à me prélever du sang ou à me poser des cathéters. Vous êtes incroyables. (Car mes veines ne se voient pas et sont très difficile à sentir).

02/04/2020

Témoignage d'une femme qui n'a pas vraiment le droit d'en être une...



  
La Dyspareunie



En résumé qu'est-ce que c'est ? 

Il s'agit de douleurs plus ou moins vives selon les personnes, durant les rapports sexuels.
Il existe 2 types de Dyspareunies :

- Dyspareunie superficielle (douleurs présentes dès l'entrée du vagin, et/ou à la vulve, et/ou au clitoris). Exemples de pathologies : vulvodynie, vaginisme, vestibulodynie, le lichen scléreux etc...
- Dyspareunie profonde (douleurs ressenties en profondeur du vagin). Souvent constatées pour les personnes atteintes d'endométriose.

Sachez que les hommes aussi peuvent souffrir de dyspareunies. 

Si vous voulez en savoir plus sur les causes possibles, n'hésitez pas à chercher sur Internet, vous aurez des réponses à la plupart de vos questions. Cependant rien ne vaut l'avis médical de professionnels de santé (médecin traitant, gynécologues, urologues, sexologues etc...). N'hésitez pas à changer de médecin jusqu'à trouver celui qui sera à votre écoute et qui vous prendra au sérieux. Ne restez pas dans votre situation. N'oubliez pas que tous les professionnels ne sont pas formés ou sensibilisés sur ces sujets encore trop tabous et sous-estimés. 





Introduction :

J'ai décidé de vous rédiger un article sur le sujet, en complément de ceux déjà existants concernant l'endométriose. Pourquoi ? Car BEAUCOUP TROP DE FEMMES EN SOUFFRENT. Et beaucoup ne sont pas forcément atteintes d'endométriose... Je tenais donc ce soir à libérer la parole, à me livrer à vous. J'espère du fond du cœur que mon histoire pourra en aider plus d'une. J'espère vous aider à déculpabiliser. Et surtout mon but, c'est que les femmes NE SE SENTENT PLUS SEULES face à leur détresse. Car non, vous n'êtes pas folles, et non, votre souffrance n'est pas "dans votre tête". Depuis que je suis officiellement une EndoGirl, j'ai pu discuter avec un bon nombre de femmes et le constat est alarmant. On est si nombreuses à subir ces douleurs et ce mal-être. A être au comble du désespoir. Combien souffrent de dépression à cause de tout ça, et se taisent ? Par honte. Ou pire, combien se sentent incomprises et non écoutées par le corps médical ? Alors oui, libérons la parole, PARLONS-EN ! Arrêtons de culpabiliser et d'avoir honte, s'il vous plait. Oui, c'est très tabou dans notre société occidentale, et ALORS ?! Mois je dis FUCK ! Oui je vais parler de choses qui ne devraient pas tomber dans le domaine public. Oui c'est "gênant". Oui j'ai peur que certaines personnes de mon entourage tombent dessus. Oui je me sens mal à l'idée d'en parler publiquement. Mais je STOP ! Je dis stop à l'isolement et à la honte concernant ce sujet. Je veux que personne n'ait à vivre le parcours que j'ai vécu. La solitude que j'ai ressenti est bien trop terrible. Je souhaite aider les personne qui ont les mêmes souffrances que moi à sortir la tête de l'eau. A sortir de ce cercle vicieux qui leur pourrissent la vie. A oser demander de l'aide tout simplement. 

N'hésitez surtout pas à venir me parler en message privé.





Mon témoignage :

Bon, je vous préviens d'avance, naturellement, ça a été le paragraphe le plus compliqué à rédiger pour moi. Car c'est très intime et personnel. Oui, on va bel et bien parler de sexualité. Malgré tout, je pense que c'est le sujet le plus important à aborder à l'heure actuelle, car il est beaucoup trop tabou. Seulement une petite poignée de personnes osent en parler librement sur les réseaux. Notamment SuperEndoGirl avec ses nombreux témoignages et son livre  Endo & Sexo : Avoir une sexualité épanouie avec une endométriose. Ainsi que Lou avec son compte Instagram @corpsjetecoute et son site internet Ma Vestibulodynie et moi. Ca fait plaisir de voir fleurir sur la toile de plus en plus de témoignages et de contenus sur ces problématiques. On est sur la bonne voie et c'est rassurant ! J'encourage tout le monde à en parler autour d'eux. 

Bon, par où commencer ? Par ma première fois peut-être ? Dans mon cas j'ai eu la chance d'avoir mon premier rapport "pénétratif" assez tard, à 19 ans ! Je dis que c'est une chance car honnêtement, si j'étais passée à la casserole durant mon adolescence, je crois que ça m'aurait psychologiquement détruite. A 19 ans, on a déjà pas le même regard sur la vie et la sexualité qu'à 15 ou 16 ans. Bon ok, j'avoue, ça dépend du niveau de maturité de chacun, tout est relatif. Bref, je vais vous la faire courte, malgré une envie fulgurante de "passer le cap" et de faire l'amour. Et malgré la volonté de bien faire de mon chéri de l'époque, j'ai cru mourir, littéralement. Oui, oui je n'exagère pas, j'étais au bord du malaise ce jour là tellement la douleur était violente. Comment ça ? C'est simple, j'ai eu la sensation qu'on me transperçait, qu'on me déchirait de l'intérieur. Que ça forçait malgré l'envie et une lubrification tout à fait normale et l'utilisation d'un lubrifiant. J'ai cru que mon vagin allait se retrouver en steak haché. C'était comme se faire pénétrer par une torche enflammée ! Ça me brûlait et me piquait atrocement à la fois, comme si son membre avait fait trempette dans de l'acide juste avant. Et ça, ce n'était que la simple pénétration. Promis juré, mon ex a eu la gentillesse de se retirer de suite, le plus lentement possible. Non, vous ne rêvez pas, il n'y avait même pas eu un seul allez-retour lors de notre première fois. J'avais tellement eu le souffle coupé et les larmes qu'on s'est arrêtés là direct. Qu'est-ce que ça aurait été sans les préliminaires bordel ?! Sachez que ces sensations de brûlures et de piquant ont duré plusieurs heures après. Comme une énorme inflammation diffuse dans tout le vagin. J'avais du mal à m’asseoir et uriner était une torture, c'est pour dire.
Bon, étant amoureuse et un peu maso sur les bords, j'y suis retournée pardis ! Bah oui, on vous répète tellement partout, que le sexe c'est la meilleure chose du monde ! Et puis bon, il est bien connu que dans LA VRAIE VIE la première fois peut faire assez mal. Je me suis donc dit « t'as juste eu pas de bol ma cocotte ». Alors c'était repartit pour un tour ! Bon je vous avoue que cette fois ci, ça allait un peu mieux, en gros je n'avais plus la sensation que j'allais mourir empalée sur un zizi. Mais bon, les douleurs malgré qu'elles étaient moins foudroyantes, étaient belles et bien toujours là.
En résumé depuis ce jour, en 9 ans de vie sexuellement active, j'ai réussi à avoir des douleurs à la pénétration presque inexistantes seulement 3 fois. Durant ces 3 fois je vous jure que vous pleurez de joie et de bonheur. Que vous vous sentez ENFIN "Femme". Durant l'une de ces 3 seules fois, je me souviens même avoir fait l'amour 3 fois en une après-midi, c'était le bonheur ultime, autant en profiter !
Je suis restée 2 ans avec le chéri de ma première fois. J'essayais au maximum de ne pas montrer que j'avais mal, on y allait doucement, il me respectait. Quand les douleurs étaient trop vives on s'arrêtait. A force on trouve d'autres alternatives et des compromis et bien sûr au fil du temps, on faisait l'amour beaucoup moins souvent que « la normale ». Et bien sûr à chaque fois tu es partagée entre l'envie et l'appréhension de la douleur. Tu tombes dans le fameux cercle vicieux. C'est quand tu devrais te détendre, que tu te crispes et ça, ça n'arrange absolument pas la Dyspareunie, bien au contraire, ça l'accentue.
J'ai rencontré mon nouveau compagnon 6 mois après, et ça va bientôt faire 5 ans que nous sommes ensembles. Nous sommes un couple très soudé. Notre secret ? La communication. Nous parlons de tout ouvertement, aucun tabou entre nous n'est admis. Que ce soit sur l'endo, la Myopathie, le sexe et tout le reste. Pour en revenir aux douleurs, elles sont toujours là, même après tant d'années. Mais avec chéri au fil du temps, on a appris à les gérer, à faire avec. Pas avec fatalité mais avec innovation ! On sait que des fois le plaisir va prendre le dessus et je vais faire la danse de la joie dans ma tête. En remerciant 10 fois mon amoureux d'être le meilleur des chéris. Et d'autres où toute pénétration est impossible. On sait maintenant qu'il faut que ce soit rapide, profond et intense. Il n'y a pas d'autres choix, car plus le rapport est long, moins la douleur devient supportable. Contrairement à la majorité des Endo-Girls mes douleurs se caractérisent à l'entrée du vagin et sur toute sa circonférence. J'arrive à prendre du plaisir uniquement avec une pénétration profonde. Plus c'est lent, doux et à l'entrée plus c'est douloureux. C'est comme si on me torturait littéralement. Tu as le malheur de faire une pause qui dure plus d'une minute et tu re-bouges en moi, c'est mort, là la douleur explose. Tu sors par inadvertance, il faut bien serrer les dents pour laisser revenir. Il y a des fois où je ne tient plus, ça devient insupportable, on doit tout arrêter. Heureusement il y a des fois où ça se passe mieux. Où les douleurs sont plus gérables et là youhou on se permet des pauses et même un changement de position. Quand c'est comme ça, je revis ! La dernière astuce qu'on ait trouvé et qu'on applique depuis plusieurs années est toute simple, remplacer la douleur par une autre pour tromper le cerveau. Un bon gros suçon et hop, ça passe comme une lettre à La Poste ! Essayez vous verrez :) Bon ce n'est pas miraculeux, ça ne supprime pas les douleurs, mais ça a le mérite d'éviter le vaginisme chez moi. (Cependant attention, il est important de ne jamais vous forcer car vous risquez de réellement vous blesser et de vous créer des fissures vaginales). 
Quand je me relis, je me dis que les gens vont me prendre pour une sacrée maso. Mais à vrai dire, oui c'est un peu ça. Quand on aime vraiment quelqu'un de tout son être on arrive à trouver tous seuls des solutions. On apprend à apprivoiser la douleur, à faire avec. Car encore une fois, on a juste pas le choix. A moins de tirer un trait sur sa vie sexuelle dite "pénétrative" ou "phallocentrée". Malgré les baisses de libido et les loupés on arrive toujours à se retrouver. On communique et on dédramatise « ce n'est que partie remise ! » Et je suis fière de nous et de notre moyenne de coïtes, ça me rassure. Car avec cette maladie, Dieu sait que ça bousille bien des couples. Rassurez-vous, la maladie ne nous rend pas frigide pour autant ! Ça ne m'empêche pas d'avoir des orgasmes (et heureusement, merci Mr Clitoris ^^) et rassurez-vous aussi, on ne les atteint pas toujours également. Les orgasmes à tous les coups et sur commande on voit ça que dans la fiction :) N'oublions pas non plus qu'il y a d'autres façons de vivre sa sexualité. Ne vous focalisez pas que sur la pénétration. C'est très personnel tout ce que j'évoque plus haut, et j'en tremble tellement ça me mets mal à l'aise, tellement je voulais garder ça pour moi. C'est notre vie sexuelle, c'est si intime et intrusif... Ça ne regarde personne... Mais si ça peut aider des couples à déculpabiliser et à dédramatiser alors je pense que ce « sacrifice » en vaut la peine. Et maintenant que je sais ce qui m'arrive, je pense sincèrement passer le cap, prendre mon courage à deux main et aller consulter un sexologue. Qui sait, peut-être les choses pourraient-elles s'améliorer ? On va continuer à avancer main dans la main, notre couple renforcé comme jamais.

Update 2021 :
Oui j'ai passé le cap bordel de merde ! Oui, j'ai trouvé une Gynécologue Sexologue formée et sensibilisée sur les Dyspareunies. Par chance elle connaît très bien la Vestibulodynie et consulte sur Toulouse (la grande ville la plus proche de chez moi). J'ai entamé une prise en charge avec elle et j'en suis à ma 4ème consultation. Le hasard fait qu'elle fait des permanences de temps en temps dans ma petite ville. La bonne nouvelle c'est qu'elle m'a confirmé mon diagnostic en douceur, avec respect. Contrairement au précédent médecin spécialiste qui m'a fait subir des violences gynécologiques relativement graves qui ont engendré un état de stress post-traumatique (VOG). Je ne vous cache pas à quel point après tout ça, ça fait du bien de tomber sur une personne formée, bienveillante, à l'écoute et compétente. 
Ensuite j'ai découvert un Hypno-Thérapeute grâce à l'association @femmesendoandco qui est une association qui aide les personnes atteintes d'endométriose à mieux vivre avec la maladie. Pour laquelle je suis d'ailleurs Bénévole cette année ! Ce Thérapeute c'est Tristan. Voici son site Internet ici. J'ai eu besoin de 6 séances en Thérapie en distanciel pour devenir autonome en auto-hypnose. Je vous parlerais de mon expérience plus tard dans un article. Sachez juste que c'est quelqu'un de très bienveillant et qui ne vous jugera pas. Il n'a jamais émis le moindre jugement et ne m'a jamais culpabilisé. J'ai pu le constater à maintes reprises lorsque je participais à ses groupes de paroles en ligne avec une autre organisatrice. Car oui ! J'ai aussi participé à plusieurs groupes de paroles sur "Les Sexualités" dont ils étaient les animateurs. C'était tellement passionnant et enrichissant ! J'ai appris tant de choses vous n'imaginez même pas. Ca m'a énormément ouvert l'esprit. Je me suis encore plus déculpabilisée. Et surtout on apprend à "désacraliser" et à déconstruire toutes nos croyances. Plus le temps passe, moins j'ai honte de parler "du vrai sexe de la vraie vie". C'est dingue à quel point on peut évoluer en à peine une année ! Aujourd'hui je suis tellement fière de mon parcours, oui j'ose le dire. Car je reviens de loin.
PPpsssttt, je vais vous dire un secret, dites-vous bien une chose, ce qu'on voit dans les films, ce qu'on lit dans les livres d'histoires fictives, ce qu'on peut voir dans le porno, ce n'est absolument pas représentatif de la réalité ! Non, non, alors déculpabilisez et écoutez vous ok ? Et surtout, apprenez à dire non. Apprenez à vous respecter et à vous écouter.
AH OUI ! J'oubliais ! Vous saviez que le sexe "non pénétratif" c'était super cool ? Mais genre vraiment trop cool !? Là aussi, renseignez-vous. Ne restez pas enfermés dans vos idées préconçues de la sexualité de monsieur et madame tout le monde. Faites preuve d'inventivité ! Faites travailler votre imagination et amusez-vous ! Dans le respect, la bienveillance et le consentement. Naturellement (toussotements)
Le sexe ne se résume pas qu'à la pénétration. Et heureusement, sinon ce serait bien triste et ennuyant. Tout ça pour dire qu'il existe plein d'alternatives à la pénétration. Je compte vous faire dans les prochains mois un article mettant en avant des bouquins et des comptes instagram sur les sexualités. Comme par exemple Au-delà de la pénétration de Martin Page. Bref, ouvrez votre esprit !





Ce que je ressentais psychologiquement avant d'être diagnostiquée :

De la honte, de la culpabilité, de la haine. On se sent trahie par son propre corps, on le déteste. Ça nous retire toute confiance en nous. On ne se sent pas légitime, ni crédible en tant que femme et sexuellement. On a la rage, une colère surdimensionnée qui bouillonne en nous. On ressent une sensation d'injustice. On a peur d'être quittée ou trompée (d'où la nécessité de la communication dans le couple). On doit apprendre à lâcher prise et à faire confiance à l'autre. On se sent tout sauf une femme. Notre corps nous refuse d'aimer et d'être aimé "normalement". On a sans cesse envie de pleurer quand ça se passe moins bien au lit. Je me suis retrouvée 3 fois pleurant à chaudes larmes, les mains et les avant bras sur mon visage, pour me cacher, vexée et envahie par la honte et la culpabilité de « faire subir ça » à mon conjoint quand toute pénétration était vraiment impossible. Alors que tu étais 100 % motivée. Vous avez juste envie de hurler. Ça nous encombre d'une charge mentale énorme. Vous vous répétez « pourquoi moi ? » Et vous dites en pleurant « pardon, pardon, pardon » à votre chéri qui lui, se sent démuni face à votre détresse. Il vous réconforte comme il peut et vous certifie « que ce n'est pas grave ». Ces moments là vous brisent. Vous vous sentez tel un déchet humain, prêt à être jeté, qui ne mérite pas d'être aimé. C'est dure comme mots, mais c'est comme ça qu'on se sent dans ces moments là. Heureusement, maintenant je sais, donc je vais pouvoir mieux appréhender les choses. Je sais maintenant que mon soucis n'est pas "dans ma tête". Ça change tout.





Le Diagnostic et les causes :

Après 9 ans de vie sexuellement active, à vivre dans l'incompréhension la plus totale de mon corps. Pourquoi subir sans cesse toutes ces douleurs ? Après 9 longues années à détester profondément mon corps pour son incapacité à fonctionner normalement. Après avoir consulté 4 gynécologues différents, 2 kinésiologues et un psychologue, qui n'ont absolument pas pu m'aider hormis me dire "apprenez à vous détendre", j'ai ENFIN été diagnostiquée officiellement.

Surprise ! Je souffre des deux formes de dyspareunies existantes, l'une est liée à mon endométriose, ça on en est sûr à 100 %, à cause de mon Ligament Utéro-Sacré gauche (LUS) qui est trop atteint endométriose profonde. >> Dyspareunie profonde.

L'autre >> Dyspareunie superficielle s'appelle dans mon cas (car il y en a plusieurs), "Vestibulodynie" ou "Vestibulite" La mienne est dite "Primaire", car elle est apparue dès mes premiers rapports.

Plusieurs causes peuvent être possibles et elles peuvent être complémentaires. L'une due bien évidement à l'endométriose, et l'autre à mon autre maladie "La Myopathie". Problèmes musculaires atteignant dans cette situation, tout le plancher pelvien et toute la zone du vestibule, d'où son nom. La Myopathie est une maladie neuro-musculaire complexe, et la mienne est très, très rare. Ils n'ont pas vraiment de recul dessus. Voilà pourquoi elle pourrait en être la cause. Chaque muscle de mon corps réagit/fonctionne différemment selon les zones. En gros, dans mon corps, c'est un peu l'anarchie.
Ça pourrait aussi venir de ma première fois qui ne s'est pas très bien passée. Je voulais me sentir prête, mais sur l'instant je ne l'étais pas finalement. Ceci à cause du stress et de l'appréhension. Malgré les préliminaires, je me suis "contractée" le moment venu. Avec la thérapie et du recul je m'en suis enfin rendue compte. Mon esprit était prêt à passer le cap, ma volonté était là, j'étais consentante MAIS j'avais peur car c'était notre 1ère fois à tous les deux. Résultat mon corps lui, n'était pas réellement prêt. D'autant plus que notre 1ère fois s'est faite dans la position la moins recommandée du monde pour une 1ère fois. Merci les films porno qui "éduquent" la plupart des gens ! A quand la vraie éducation sexuelle bordel de merde ?! Et toi bah comme une conne tu acceptes pour ne pas vexer l'autre alors que au fond tu n'as pas envie de cette position pour ta première péné. >.<" Donc non, ne sous estimez pas les répercutions que peuvent avoir votre 1ère fois. Le corps lui, ça le marque et il risque de se mettre dans une position de protection et de défense. Il est intelligeant et cherche à vous protéger, à vous parler. 
Il y a aussi la piste du transgénérationnel qui n'est pas à négliger. Nous portons en chacun de nous les traumatismes de nos ancêtres (mémoires familiales). Personnellement, je n'ai pas encore exploré cette piste. A voir avec la psychogénéalogie. 

Il peut y avoir encore une multitudes d'explications et de causes. Sachez que ça ne sert à rien de courir après le pourquoi du comment. Ça ne fera que vous épuiser mentalement encore plus.
Croyez-en mon expérience. 





Des solutions ? Des traitements ?

Ce serait trop long à inclure comme contenu dans cet article.
De ce fait, j'ai fait le choix d'en rédiger un autre qui arrivera prochainement.
Sachez malheureusement qu'à l'heure actuelle il n'existe aucun traitement miracle.
C'est un travail très long à faire sur soi. Il y a souvent des hauts, des bas, des améliorations et des récidives.
Soyez patients et bienveillants envers vous-même.
N'hésitez pas à vous faire accompagner par un ou une psychologue.
N'affrontez pas tout ça seule car justement vous n'êtes pas seule. 
Je vous partagerai bientôt des sources de soutien comme
Les Clés de Vénus et des comptes instagram.
Des pistes et des débuts de "solutions" pour améliorer votre quotidien.
N'oubliez pas de consulter des professionnels jusqu'à trouver les "bons" pour vous faire suivre dans ces pathologies.





Des vidéos qui en parlent :



 Conclusion :

Voilà, voilà, j'espère que cet article vous aura éclairé, et que ce n'était pas trop trash à lire pour vous. Je peux vous dire que ça aura été un sacré défi pour moi de vous partager à cœur ouvert mon témoignage. C'est si difficile de rentrer autant dans les détails de son intimité et de sa vie sexuelle... Mais je pense que c'était nécessaire. Car clairement, "avoir mal pendant les rapports sexuels" ça veut tout dire et rien dire selon moi. J'espère que certaines pourront se reconnaitre à travers moi et que ça pourra vous aider. 


Tous droits réservés : ©Amélie R. (Ayane-Passions)
Si vous utilisez ce texte sans mon accord,
sachez que vous risquez des
poursuites judiciaires.